Un arbre qui grossit finit toujours par déborder du cahier. Les logiciels de généalogie familiale servent à ranger les fiches, les actes, les photos et les sources au même endroit, puis à sortir un arbre propre à imprimer. Ce classement est fait pour ceux qui hésitent entre un logiciel français payant, un outil libre et gratuit, ou une solution reliée à un grand site d'arbres.
Le tri s'est fait sur des points concrets: prix réel et politique de mise à jour, systèmes pris en charge sous Windows, macOS, Linux et mobile, respect du format GEDCOM pour ne pas rester prisonnier d'un éditeur, qualité des arbres imprimés, gestion des sources et des lieux, liens vers les archives numérisées, présence d'une interface en français et d'une aide joignable. Les sites d'arbres en ligne et les bases d'archives par abonnement n'entrent pas ici: seulement des logiciels de généalogie familiale que l'on installe ou que l'on héberge soi-même.
Les places bougent selon les votes de la communauté, pas selon l'humeur de la rédaction. Chaque fiche liste les plus et les moins, défauts compris. Les avis des utilisateurs valent le détour: reprise d'un ancien fichier, bugs après une mise à jour, délai de réponse du support. Votez pour celui que vous utilisez vraiment.
Heredis existe depuis 1994 et sort une nouvelle version chaque année. L'éditeur est installé à Montpellier. Le logiciel tourne sous Windows et macOS, en deux niveaux: Standard pour débuter, Pro pour les recherches poussées. Saisie illimitée d'ancêtres, gestion des sources, cartes, arbres imprimables en grand format. Les applications mobiles iOS et Android sont gratuites et reprennent l'arbre du poste fixe. Un abonnement Premium ajoute la sauvegarde en ligne et un site généalogique.
Bon choix pour qui veut un logiciel installé, en français, avec un service client joignable au téléphone. Les débutants s'y retrouvent vite. Le revers: le rythme annuel pousse à racheter une mise à jour, et plusieurs fonctions utiles restent réservées à la version Pro ou à Premium. Ceux qui travaillent surtout dans un navigateur trouveront la partie en ligne assez pauvre.
Généatique est édité par le CDIP, à Cergy, et existe depuis 1987. Trois versions en 2026: Classique 500 à 29 euros limitée à 500 ancêtres, Classique 1500 à 69 euros, Prestige à 109 euros sans limite. Le logiciel complet se télécharge gratuitement pour tester avant d'acheter. La version 2026 apporte des marqueurs personnalisables, une interface revue et un moteur d'IA qui pré-transcrit les actes anciens, avec des crédits mensuels. Les fonds de cartes Cassini et État-Major sont intégrés.
Windows uniquement, donc rien pour les utilisateurs de Mac. C'est le logiciel des réglages fins: qui aime ajuster l'affichage d'un arbre au millimètre y passera des heures. Le CDIP propose des formations gratuites en direct et garde une hotline téléphonique, ce qui rassure les débutants. La limite d'ancêtres des versions Classique agace en revanche ceux qui dépassent vite quelques centaines de fiches.
Ancestris est libre et gratuit, sous licence GPL 3, porté par une association domiciliée à Marnes-la-Coquette. Écrit en Java, il tourne sous Windows, macOS, Linux, BSD et Solaris. Le fichier de travail est du GEDCOM pur, versions 5.5, 5.5.1 et 7, donc les données restent lisibles sans le logiciel. La branche 11 est la version stable et sait synchroniser arbre et photos avec Geneanet.
C'est le choix des généalogistes qui refusent de dépendre d'un éditeur et d'un format maison. Aucun abonnement, aucune version bridée, un forum et une documentation en français. En face, l'interface héritée de la plateforme NetBeans paraît austère, le premier démarrage demande de la patience et le développement avance au rythme des bénévoles. Java doit être présent, ce qui alourdit l'installation sur certaines machines.
Gramps est un logiciel libre porté par une communauté internationale depuis plus de vingt ans. La branche 6.0 est sortie en mars 2025 et reçoit des correctifs réguliers, jusqu'à la 6.0.7 en mars 2026. Interface traduite en français, une trentaine de langues au total, versions Windows, macOS et Linux. Sa force reste la profondeur du modèle de données: événements, sources, citations, lieux hiérarchisés et notes sont séparés puis reliés entre eux.
Le rapport web narratif transforme l'arbre en site consultable, avec index pour les grosses bases et carte de chaleur. De nombreux greffons ajoutent vues et statistiques. Gramps convient à qui documente chaque acte avec méthode et n'a pas peur d'un outil technique. Un débutant qui veut surtout un bel arbre à encadrer trouvera l'ensemble rigide et les impressions moins soignées que chez les éditeurs français.
Family Tree Builder est le logiciel de bureau de MyHeritage. Téléchargement gratuit, interface française parmi une quarantaine de langues, fonctionnement sous Windows. L'arbre saisi sur l'ordinateur se synchronise avec le site MyHeritage et l'application mobile, ce qui déclenche les correspondances automatiques avec les autres arbres et les documents historiques du service. Photos, documents et notes se rangent dans la même base.
Intéressant pour qui veut croiser sa généalogie avec une grande base internationale sans tout saisir dans un navigateur. Listes, rapports et vérificateur de cohérence vont plus loin que sur le site. Les limites sont à connaître: au-delà d'une certaine taille d'arbre et pour consulter les archives trouvées, il faut un abonnement payant. Pas de version Mac, et l'ensemble pousse vers les autres offres de MyHeritage, tests ADN compris.
MacFamilyTree est édité par l'allemand Synium Software, à Mayence, et existe depuis 1998, d'abord sous le nom MacStammbaum. La version 11 est arrivée en janvier 2025. Le logiciel est pensé pour macOS et iOS, vendu sur l'App Store, avec une interface en français. CloudTree synchronise le même arbre entre Mac, iPhone et iPad, à plusieurs si besoin. Les vues graphiques, dont l'arbre en 3D et la carte des migrations, sont sa signature.
Pour un utilisateur Apple qui veut du confort visuel et une saisie fluide, c'est l'option la plus cohérente. Import et export GEDCOM assurent le passage depuis un autre logiciel. Revers: rien sous Windows ni Android, les versions majeures se rachètent et la gestion des sources reste moins pointilleuse que chez Gramps ou Heredis Pro. L'aide en français est plus courte que la version allemande.
Ancestrologie est un ancien logiciel français, lancé en 1995 par Philippe Cazaux-Moutou puis réécrit en Delphi en 2001. Depuis janvier 2015, il est distribué gratuitement, sans version bridée, avec un simple appel aux dons. Il fonctionne sous Windows, s'appuie sur une base de données taillée pour les grosses généalogies et gère l'import comme l'export GEDCOM. Les contrôles de cohérence signalent les dates impossibles.
Le forum officiel reste actif et des versions bêta continuent d'être mises en test, signe que le projet vit encore. Convient à qui veut un outil complet sans rien payer et accepte une interface d'un autre âge. Ceux qui attendent des liens directs vers les archives numérisées, une application mobile ou une synchronisation dans le cloud devront regarder ailleurs. Tout repose sur quelques bénévoles.
webtrees est une application libre de généalogie qui s'installe sur un serveur web, avec PHP et une base MySQL. Une fois en place, l'arbre se consulte et se modifie depuis un navigateur, à plusieurs, avec des droits par utilisateur et un réglage précis de ce qui reste caché pour les vivants. Les branches 2.1 et 2.2 sont maintenues, l'interface est traduite en français et le format de travail est le GEDCOM.
C'est l'outil des familles et des associations qui veulent un arbre collectif chez elles, sans confier les données à une plateforme commerciale. Des hébergeurs spécialisés proposent des installations prêtes à l'emploi pour éviter la mise en route manuelle. En revanche il faut un minimum de bagage technique: hébergement, base de données, montées de version de PHP. Pas de logiciel de bureau, pas d'appli, et les sorties imprimées restent simples.
GeneWeb est né à l'INRIA, sous la plume de Daniel de Rauglaudre. Gratuit et open source, écrit en OCaml, il s'utilise dans un navigateur, en local sur son ordinateur ou publié sur un serveur. Sa réputation vient des calculs de parenté et de consanguinité, très rapides même sur des bases énormes, et de la recherche du lien entre deux personnes. Import et export GEDCOM, plus un format texte GW propre au projet.
Il encaisse sans broncher des bases de centaines de milliers d'individus, ce qui explique son usage par de gros sites généalogiques. Pour un débutant, l'installation par ligne de commande et la configuration par fichiers refroidissent vite. L'interface est fonctionnelle, jamais élégante. À réserver aux amateurs à l'aise avec la technique et aux projets partagés de grande taille.
GenoPro vient du Canada, sorti en 1998, et se distingue par une approche dessin: on pose les personnes sur une page et on tire les liens à la souris. Le logiciel gère l'arbre classique comme le génogramme utilisé par les thérapeutes et les travailleurs sociaux, avec ses symboles de relations. Version 2020 pour Windows, interface disponible en français parmi une trentaine de langues, licence à achat unique et successeur GenoProX annoncé.
Utile quand la structure familiale compte plus que le nombre de fiches: familles recomposées, unions multiples, schémas à présenter. L'export en pages web permet de partager un rapport sans rien installer chez le destinataire. Les limites sont nettes: pas de version Mac, aucune connexion aux archives en ligne, et une version majeure qui n'a pas bougé depuis des années. Les arbres de plusieurs milliers d'individus deviennent lourds à mettre en page.