Regarder Saturne dans un vrai télescope coûte bien moins cher qu'on ne le croit. Souvent, une simple adhésion suffit, le matériel est déjà sur place et quelqu'un montre comment s'en servir. Ce classement réunit des clubs d'astronomie amateur qui accueillent aussi bien le curieux du dimanche que le passionné équipé: soirées d'observation, prêt d'instruments, cours du soir, sorties sous un ciel noir.
La sélection a tenu compte de plusieurs choses. L'ancienneté et la solidité de l'association d'abord, certaines tiennent depuis plus d'un siècle. Ensuite le matériel ouvert aux adhérents: coupoles, télescopes de gros diamètre, lunettes, matériel photo. Le montant de la cotisation compte aussi, la plupart des clubs restent dans une fourchette raisonnable pour une année entière. Enfin l'accueil du public: conférences, Nuits des Étoiles, ateliers pour les enfants, bénévoles qui expliquent sans jargon.
Les places ne sont pas décidées par la rédaction. Ce sont les votes de la communauté qui font monter ou descendre les clubs d'astronomie amateur de cette liste. Chaque fiche donne l'adresse, le contact, les points forts et les points faibles. Le mieux reste de lire les avis des membres, puis d'appeler avant la première soirée: beaucoup de clubs demandent une réservation.
Fondée en 1887, la Société astronomique de France est la doyenne des associations d'astronomie du pays. Le secrétariat est à Paris, les activités se tiennent en partie dans la tour d'astronomie de la Sorbonne: bibliothèque spécialisée ouverte le lundi après-midi, atelier d'optique le mardi soir et le samedi, commissions par thème (planètes, étoiles doubles, cadrans solaires, histoire de l'astronomie). Les adhérents reçoivent la revue L'Astronomie, publiée depuis la fin du XIXe siècle.
Le club convient à qui veut du fond: conférences suivies, travaux d'observation partagés, rencontres AstroCiel l'été pour le ciel profond loin des lumières. Il conviendra moins à celui qui cherche un club de quartier à dix minutes de chez lui, car l'essentiel se joue à Paris. Les groupes régionaux existent, mais leur rythme varie beaucoup d'une ville à l'autre.
3 rue Beethoven, 75016 Paris
Reconnue d'utilité publique, l'AFA est la structure qui fait le lien entre des milliers de bénévoles et de clubs partout en France. C'est elle qui coordonne les Nuits des Étoiles, l'événement gratuit qui sort les télescopes sur les places de village chaque été depuis 1991. Elle édite aussi le magazine Ciel & Espace, anime le site Astro Juniors pour les plus jeunes et organise le salon Explor'Espace en région parisienne.
Bon point de départ quand on ne sait pas par où commencer: l'annuaire des structures permet de trouver un club près de chez soi, et les stages de formation s'adressent autant aux enseignants qu'aux animateurs. Ce n'est pas un club d'observation classique avec sa coupole et ses habitués du samedi soir, il faut le savoir avant d'adhérer.
17 rue Émile Deutsch de la Meurthe, Parc Montsouris, 75014 Paris
Créé en 1988, le CALA occupe le quatrième étage de la tour du planétarium de Vaulx-en-Velin. C'est l'une des rares associations d'astronomie françaises à employer des salariés, avec un vrai statut de centre de culture scientifique: ateliers, stages pendant les vacances, formations, animations dans les écoles de l'agglomération lyonnaise. Les adhérents ont accès au matériel du club et aux sorties d'observation organisées à l'écart des lumières de la ville.
Intéressant pour les familles de la région lyonnaise et pour les jeunes qui veulent apprendre proprement, du réglage d'un télescope à la photo du ciel. Les places en stage partent vite, il faut s'y prendre à l'avance. Ceux qui habitent loin de Vaulx-en-Velin auront du mal à suivre le rythme des rendez-vous en semaine.
Bâtiment Planétarium, place de la Nation, 69120 Vaulx-en-Velin
La SAN existe depuis 1971 et tient ses locaux boulevard Jean Moulin, à Nantes. Le programme tourne autour de conférences de saison, d'expositions itinérantes prêtées aux écoles et aux médiathèques, et des séances "Les Ciels de Nantes" qui expliquent ce que l'on peut voir au fil des mois. L'association s'occupe aussi du patrimoine astronomique local, cadrans solaires compris, et sert de point de repère aux petits clubs de Loire-Atlantique.
Bon choix pour qui veut comprendre avant d'acheter un instrument: on peut assister aux conférences, poser des questions, puis se décider. Les soirées d'observation dépendent de la météo océanique, souvent capricieuse, et se font hors agglomération. Pour de longues nuits sous un ciel bien noir, il faudra tout de même sortir du département.
2 boulevard Jean Moulin, 44100 Nantes
Née en 1973, la Société Astronomique de Touraine s'est installée en 1999 au lieu-dit Le Ligoret, à Tauxigny-Saint-Bauld, au sud de Tours. L'association dispose de son propre observatoire en pleine campagne, avec coupoles et instruments fixes, ce qui change tout par rapport à un club qui doit transporter son matériel à chaque sortie. Soirées publiques, nuits d'observation pour les adhérents et animations scolaires se partagent le calendrier.
Le site est un bon compromis: à moins d'une demi-heure de Tours, mais déjà loin des halos lumineux. Il faut venir couvert, les nuits claires d'hiver sont glaciales sous la coupole, et surveiller le programme, car les portes ouvertes se réservent. Sans voiture, l'accès est compliqué, aucun transport ne dessert le hameau le soir.
Observatoire du Ligoret, 37310 Tauxigny-Saint-Bauld
Fondée en 1910, la SAP anime l'observatoire de Jolimont, construit en 1841 sur la colline qui domine Toulouse d'une cinquantaine de mètres. Le lieu vaut le déplacement pour lui seul: bâtiment historique, coupoles, instruments anciens et modernes. Les visites de l'observatoire ont lieu chaque vendredi à 21h30 sur réservation, et le programme comprend des conférences d'astrophysiciens de la région, souvent liés aux laboratoires toulousains.
C'est l'une des plus anciennes associations scientifiques de la ville, ce qui se sent dans la qualité des explications. Le ciel de Toulouse reste pollué par les lumières, donc les observations fines se font ailleurs, lors de sorties. Le vendredi soir est vite complet en période de vacances, mieux vaut réserver plusieurs jours avant.
1 avenue Camille Flammarion, 31500 Toulouse
La Société Astronomique de Bordeaux est déclarée depuis 1909 et siège à l'Hôtel des Sociétés Savantes, place Bardineau. Elle mêle vulgarisation et travail sérieux: conférences en salle, animations pour la Fête de la Science, et mesures d'étoiles doubles menées par les membres sur plusieurs années. Son site publie le Met'astrogramme, un tableau de prévisions par tranches de trois heures qui aide à décider si la nuit vaut la peine de sortir le télescope.
Le club plaira à celui qui veut passer de la simple contemplation à des relevés utiles, encadré par des habitués. Les locaux du centre-ville servent surtout aux réunions, les observations se font en Gironde, sur des sites choisis. Le rythme dépend beaucoup des bénévoles disponibles, il faut venir plusieurs fois pour trouver ses marques.
Hôtel des Sociétés Savantes, 1 place Bardineau, 33000 Bordeaux
AstroQueyras fait tourner depuis 1990 la station d'observation de Saint-Véran, dans les Hautes-Alpes, perchée à près de 2 930 mètres. Le ciel y est parmi les plus purs de France: air sec, nuits noires, très peu d'humidité. Les adhérents y viennent par séjours, avec accès aux télescopes de la station, dont un instrument de gros diamètre installé sous coupole. Les images obtenues là-haut n'ont rien à voir avec ce que l'on tire d'un jardin de banlieue.
Réservé à ceux qui savent déjà se servir d'un instrument et qui supportent l'altitude: le froid, le manque d'oxygène et les nuits blanches font partie du programme. La montée jusqu'à la station se fait en véhicule adapté, et la saison est courte. Ce n'est pas un club de proximité, plutôt une destination que l'on prépare des mois à l'avance.
Observatoire de Saint-Véran, 05350 Saint-Véran
L'Uranoscope occupe un parc à Gretz-Armainvilliers, en Seine-et-Marne, à une quarantaine de kilomètres de Paris. Le site regroupe plusieurs coupoles, une salle de projection et un espace pédagogique, le tout tenu par des bénévoles. Les soirées d'observation sont ouvertes au public sur inscription, avec présentation du ciel avant de passer aux oculaires, ce qui aide beaucoup les familles qui viennent pour la première fois.
C'est l'option pratique pour les Franciliens de l'est: le ciel y est nettement meilleur qu'en petite couronne, et la gare de Gretz est desservie depuis Paris. Le confort reste sommaire, on est dehors une bonne partie de la soirée. En cas de couverture nuageuse, la séance se transforme en exposé, ce qui déçoit parfois les enfants venus pour voir Saturne.
Allée Camille Flammarion, 77220 Gretz-Armainvilliers
Déclaré en 2007 à Caen, l'Astro-Club de la Girafe réunit des amateurs du Calvados autour d'un principe simple: observer ensemble et faire découvrir le ciel aux curieux. Le club se retrouve rue Nicolas Oresme pour les réunions et part observer sur des sites choisis en Normandie, loin des lumières de l'agglomération. Nuits des Étoiles, animations locales et séances d'initiation au repérage des constellations rythment l'année.
Structure à taille humaine, donc accueil facile: on peut venir voir avant d'adhérer et poser des questions de débutant sans complexe. Le revers, c'est l'absence d'observatoire fixe, tout se transporte à chaque sortie, et la météo normande annule beaucoup de soirées. Pour de la photo du ciel profond ambitieuse, il faudra son propre matériel.
8 rue Nicolas Oresme, 14000 Caen