Faire trier ses déchets est une chose, les faire enlever régulièrement en est une autre. Ce classement s'adresse aux entreprises, aux syndics et aux communes qui cherchent un prestataire sérieux, ainsi qu'aux restaurants soumis au tri des biodéchets depuis 2024.
Pour retenir ces entreprises de collecte de déchets, la rédaction a regardé des points concrets: les zones réellement desservies, les flux acceptés (carton, papier, plastique, bois, gravats, biodéchets, déchets dangereux), le matériel fourni et son entretien, la souplesse des tournées, la traçabilité des tonnages et des bordereaux, la durée d'engagement et la façon dont les prix bougent quand les cours des matières changent. Les grands groupes nationaux côtoient donc des sociétés familiales et des spécialistes d'un seul flux.
Le rang de chaque société dépend des votes du public, pas d'un accord commercial. Une place haute veut simplement dire que des clients ont trouvé le service correct. Dans chaque fiche, il vaut mieux lire les plus, les moins et les avis laissés par les autres avant de demander un devis, car dans ce métier tout se joue au niveau de l'agence locale.
Veolia descend de la Compagnie générale des eaux, fondée en 1853. Le groupe emploie plus de 200 000 personnes dans le monde et travaille sur l'eau, l'énergie et les déchets. En France, il ramasse les ordures ménagères pour de nombreuses communes et vide aussi les bennes des usines, des chantiers et des commerces. Il possède ses propres centres de tri, ses incinérateurs avec récupération d'énergie et ses sites de stockage, donc le déchet reste dans la même chaîne du camion jusqu'au traitement.
Le choix se tient surtout pour un besoin large: plusieurs sites, plusieurs flux, un bilan annuel réclamé par le siège. Un petit restaurant ou un cabinet de trois personnes paiera souvent plus cher qu'ailleurs, et l'interlocuteur change parfois au fil des réorganisations. Le contrat se lit ligne par ligne: durée, indexation, location du matériel, frais de passage à vide.
30 rue Madeleine Vionnet, 93300 Aubervilliers
Suez est l'autre grand nom français du secteur. Après la scission de 2022, le groupe a gardé en France ses activités de recyclage et de valorisation: collecte, centres de tri, méthanisation, unités d'incinération. Il travaille pour des collectivités et pour l'industrie, souvent sur des contrats longs. Les petites structures passent par Valoservices, une plateforme en ligne où l'on choisit un bac, une benne ou un enlèvement ponctuel avec un prix affiché.
Utile quand le volume est régulier et que la traçabilité compte: bordereaux, tonnages, bilans annuels. Une entreprise isolée, loin d'une agence, attend parfois plus longtemps son passage. Comme chez tous les grands groupes, tout dépend du site local, donc autant demander dès le devis quel centre traitera les déchets et ce qu'il en fait.
Tour CB21, Paris La Défense
Paprec a démarré en 1994 avec le papier et s'est construit autour du recyclage. Le groupe reste privé, dirigé par la famille Petithuguenin, et exploite plus de 200 sites en France. Le rachat de Coved en 2017 lui a ouvert la collecte des ordures ménagères pour les communes. Papier, carton, plastique, bois, déchets de chantier, déchets ménagers: la palette est large, et l'objectif affiché reste la matière recyclée plutôt que l'enfouissement.
Bon choix pour une industrie ou un chantier qui produit des flux déjà triés et cherche un repreneur de matière, avec un prix négocié à la tonne. En zone rurale, la couverture peut manquer. Les tarifs de reprise suivent les cours mondiaux, ils montent et descendent, donc il faut relire son contrat au moins une fois par an.
7 rue du Docteur Lancereaux, 75008 Paris
Derichebourg Environnement est le pôle déchets du groupe Derichebourg, coté à Paris. Sa spécialité historique reste les métaux: ferraille, cuivre, aluminium, véhicules hors d'usage, avec un réseau de sites de collecte et de broyage. À côté de cela, l'activité de services urbains assure la collecte des ordures ménagères, le nettoiement des rues et la gestion de déchetteries pour des villes françaises.
Le bon interlocuteur quand le déchet a une valeur: un atelier mécanique ou une démolition trouve ici un acheteur de métal, pas seulement un transporteur. Beaucoup moins pertinent pour quelques cartons de bureau ou des biodéchets. Le siège est à Paris, mais tout se règle avec le site régional, et le prix proposé bouge avec le marché des métaux.
119 avenue du Général Michel Bizot, 75012 Paris
Séché Environnement est une société familiale de la Mayenne, cotée en bourse, installée à Changé. Son terrain, ce sont les déchets dangereux: solvants, boues industrielles, résidus de peinture, amiante, déchets de soins. Le groupe collecte, incinère à haute température, stocke en site autorisé et régénère certains produits. Il traite aussi des déchets non dangereux pour des industriels et quelques collectivités.
C'est le prestataire à appeler quand la réglementation devient lourde et que les documents doivent être irréprochables jusqu'au dernier bordereau. Pour une simple benne de carton, la structure est surdimensionnée. Les délais dépendent des filières de traitement, et le transport de produits dangereux coûte cher dès qu'on s'éloigne des plateformes.
Les Hêtres, 53811 Changé
Les Alchimistes ne s'occupent que des biodéchets. Créée en 2017, l'entreprise ramasse les restes alimentaires des restaurants, cantines, hôtels et maisons de retraite, puis les composte sur des plateformes installées près des villes. Il existe des sites en Île-de-France, à Lille, Rouen, Nantes, Marseille et à La Réunion. Le compost produit est vendu ou distribué sur place, et une partie des équipes est recrutée en insertion.
Réponse simple pour un établissement qui doit trier ses biodéchets depuis 2024 et n'a pas envie de gérer un composteur lui-même. Les bacs sont fournis et lavés, le passage suit un calendrier fixe, l'attestation de valorisation arrive avec la facture. Ce n'est pas un prestataire global: carton, verre et déchets dangereux restent à confier ailleurs. Hors des villes couvertes, il faut chercher autre chose.
15 rue Ada Lovelace, 44400 Rezé
Moulinot a été lancé en 2013 par Stéphan Martinez, restaurateur parisien qui voyait ses épluchures partir à l'incinérateur avec le reste. La société collecte les déchets alimentaires des restaurants, des marchés, des hôpitaux et de la restauration collective, puis les envoie en méthanisation ou en lombricompostage. Elle forme aussi le personnel de cuisine au tri, ce qui compte quand le service tourne vite et que les bacs se remplissent n'importe comment.
Adapté aux cuisines qui produisent chaque jour et veulent un contrat en règle, avec les justificatifs demandés lors d'un contrôle. Les tournées sont surtout organisées en Île-de-France et dans quelques régions, dont les Pays de la Loire. Un très petit établissement peut trouver le prix élevé, et les créneaux de passage se négocient peu.
Lemon Tri travaille depuis 2011 sur les déchets de bureau et de restauration rapide: bouteilles, canettes, gobelets, papier, biodéchets, mégots. La société installe le matériel de tri, forme les équipes, puis vient collecter, parfois en vélo cargo dans les centres-villes où le camion passe mal. Elle est basée à Pantin et dispose d'antennes dans plusieurs métropoles, dont Lille, Lyon, Marseille et Grenoble. Sa structure associée Lemon Aide emploie des salariés en insertion.
Bon compromis pour un immeuble de bureaux, une école ou une chaîne de restauration qui veut des tonnages par flux et un discours cohérent auprès du personnel. Les gravats et les déchets dangereux ne sont pas son métier. Le service s'arrête aux zones desservies, et les prestations de sensibilisation font vite monter la facture.
87 rue Cartier Bresson, 93500 Pantin
Elise est un réseau d'entreprises adaptées lancé en 1997 à Lille. Le principe tient en deux points: collecter les déchets de bureau et employer surtout des personnes en situation de handicap. Papier, carton, gobelets, cartouches, bouteilles, piles et matériel informatique sont triés à la main sur les sites du réseau. Elise assure aussi la destruction d'archives confidentielles, le débarras de bureaux et la gestion des déchets directement chez le client.
Intéressant pour une administration ou une société qui a des objectifs d'achat responsable, car la prestation entre dans les dépenses liées au handicap. Le réseau couvre une bonne partie du pays, mais chaque antenne est autonome, donc les tarifs, les délais et la qualité varient d'une région à l'autre. Pour des bennes de gravats ou des déchets industriels, ce n'est pas la bonne porte.
Groupe familial né en 1945 à Saint-Fons, d'abord négociant en charbon, puis nettoyeur des marchés de Lyon, Nicollin s'installe à Montpellier en 1967 et y garde son siège. Aujourd'hui environ 5 000 salariés et un chiffre d'affaires proche de 310 millions d'euros, dont près de 70 % réalisés auprès des collectivités : collecte des ordures ménagères et du tri sélectif, balayage et propreté urbaine, gestion de déchèteries, collecte des déchets de professionnels avec bennes et compacteurs. C'est le premier acteur indépendant et familial du secteur, derrière les deux géants cotés.
Le profil convient surtout aux communes et intercommunalités qui veulent un prestataire habitué aux marchés publics, et aux entreprises du Sud, de la vallée du Rhône ou des Outre-mer cherchant des passages sur mesure. Le maillage reste régional plutôt que national, et le groupe s'est diversifié loin du déchet, du gardiennage aux espaces verts, ce qui suppose de bien cadrer le périmètre au contrat.
4775 rue de la Jeune Parque, 34070 Montpellier